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FR-Evangile-illustre-2016-01-24-2019-01-27.jpg Logo Évangile
L'évangile du jour
« Aujourd’hui s’accomplit ce passage de l’Écriture » (Lc 1, 1-4 ; 4, 14-21)

Beaucoup ont entrepris de composer un récit des événements qui se sont accomplis parmi nous, d’après ce que nous ont transmis ceux qui, dès le commencement, furent témoins oculaires et serviteurs de la Parole. C’est pourquoi j’ai décidé, moi aussi, après avoir recueilli avec précision des informations concernant tout ce qui s’est passé depuis le début, d’écrire pour toi, excellent Théophile, un exposé suivi, afin que tu te rendes bien compte de la solidité des enseignements que tu as entendus. En ce temps-là, lorsque Jésus, dans la puissance de l’Esprit, revint en Galilée, sa renommée se répandit dans toute la région. Il enseignait dans les synagogues, et tout le monde faisait son éloge. Il vint à Nazareth, où il avait été élevé. Selon son habitude, il entra dans la synagogue le jour du sabbat, et il se leva pour faire la lecture. On lui remit le livre du prophète Isaïe. Il ouvrit le livre et trouva le passage où il est écrit : L’Esprit du Seigneur est sur moi parce que le Seigneur m’a consacré par l’onction. Il m’a envoyé porter la Bonne Nouvelle aux pauvres, annoncer aux captifs leur libération, et aux aveugles qu’ils retrouveront la vue, remettre en liberté les opprimés, annoncer une année favorable accordée par le Seigneur. Jésus referma le livre, le rendit au servant et s’assit. Tous, dans la synagogue, avaient les yeux fixés sur lui. Alors il se mit à leur dire : « Aujourd’hui s’accomplit ce passage de l’Écriture que vous venez d’entendre » 


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Pour les lecteurs du monde grec qu'il veut atteindre, saint Luc a soigné son prologue. Dans une longue phrase, noble et presque solennelle, qui ne nomme encore ni Dieu ni Jésus, il annonce un récit et précise son dessein, en s'adressant à Théophile, un personnage en vue, dédicataire de son œuvre. Et il commence par se situer dans une tradition : "Beaucoup, dit-il, ont entrepris de composer un récit des événements qui se sont accomplis parmi nous." Une génération entière sépare déjà Luc de l'époque de Jésus. Durant plusieurs décennies, les "témoins oculaires" de la vie de Jésus sont devenus "serviteurs de la parole" ; ce sont eux qui ont transmis leurs souvenirs concernant les paroles et les actes de Jésus, puis les premiers pas de l'évangélisation ; et sur cette base d'une tradition orale mouvante et diversifiée, plusieurs écrivains déjà ont travaillé.

Luc ambitionne un récit plus large, appuyé sur une enquête encore plus exigeante : "J'ai décidé, moi aussi, après m'être informé exactement de tout depuis le début, d'en écrire pour toi l'exposé suivi, illustre Théophile." De fait Luc, dans son œuvre articulée en deux parties, accordera une place de choix au début de la vie de Jésus, puis aux débuts de l'expansion de l'Église. L'Évangile sera suivi des Actes d'apôtres, ce qui permettra à Luc de manifester plus amplement la portée des faits racontés : non seulement les événements "se sont accomplis" parmi les témoins, mais ils ont été l'accomplissement tant de l'ancienne Alliance que des paroles mêmes de Jésus.

Luc veut donc apporter à la prédication chrétienne la contribution d'un historien, telle qu'on la comprenait de son temps. Dans la littérature hellénistique, en effet, l'histoire était censée à la fois renseigner et convaincre. À l'époque de Luc les contemporains de Jésus commençaient à disparaître, et les prédicateurs chrétiens se heurtaient déjà, dans l'opinion publique, à des rumeurs ou à des insinuations contradictoires au sujet de Jésus et de son œuvre. Un ancrage conscient dans les faits s'imposait donc à la jeune Église.

Mais les convictions que Luc s'efforce d'inculquer dépassent le simple souci de l'histoire, et son propos est finalement catéchétique et théologique, comme il le déclare clairement à Théophile : "J'ai décidé d'écrire pour toi un exposé suivi, pour que tu te rendes compte de la sûreté des enseignements que tu as reçus."

Disciple passionné d'un Jésus qu'il n'a pas connu, Luc veut aider les croyants dans leur acte de foi. Pour lui, le message que l'Église transmet s'enracine directement dans l'œuvre et la pensée de Jésus ; le socle de la foi, c'est la vie "parmi nous" de l'Envoyé de Dieu, telle que l'ont racontée les témoins oculaires.

C'est encore cette force irremplaçable du témoignage que Luc mettra en relief dans le second prologue qui, selon la coutume grecque, introduira l'autre volet de son récit, les Actes d'apôtres : "J'ai donc fait mon premier livre, ô Théophile, sur tout ce que Jésus a fait et enseigné, depuis le début jusqu'au jour où, après avoir, par l'Esprit Saint, donné des ordres aux Apôtres qu'il avait choisis, il fut emporté. Et c'est encore à eux qu'après sa passion il se présenta vivant avec bien des preuves, leur apparaissant pendant quarante jours et leur disant ce qui concerne le Royaume de Dieu" (Ac 1,1-3).

Certes, ce témoignage des disciples s'inscrit dans le témoignage fondamental de l'Esprit Saint qui, le premier, a authentifié l'œuvre de Jésus et qui accompagne le labeur de ses Apôtres (Ac 5,32; 10,44; 15,8); mais l'Esprit lui-même, depuis la Pentecôte, suscite la parole des serviteurs et des servantes de Dieu (Ac 2,4.18; 4,38). Habité et poussé par ce même Esprit du témoignage, Luc, à sa manière personnelle, offre à chacun de refaire pour son compte le parcours initiatique qui l'a conduit, lui, "le cher médecin" (Col 4,14), de l'écoute à la foi, puis de l'adhésion à Jésus au service de la parole.

Ainsi, dans l'œuvre de Luc, la foi tend la main à l'intelligence, non pour effacer le mystère du Fils de Dieu fait homme, mais pour inciter tout croyant à investir dans la découverte du Christ le meilleur de lui-même, de son cœur et de sa liberté.


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Dans les visions de Maria Valtorta
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Date
11 septembre 27
Lieu
Nazareth
Livre
Tome 2 - ch 106.2
1ère année vie publique

           (…) Je me trouve de nouveau dans la synagogue de Nazareth. Cette fois, le rabbin fait la lecture. J’entends sa voix monotone et nasillarde, mais je ne comprends pas les paroles qu’il prononce dans une langue qui m’est inconnue.

       Dans la foule se trouve aussi Jésus en compagnie de ses cousins apôtres et d’autres qui sont certainement eux aussi des parents, mais que je ne connais pas.

       Après la lecture, le rabbin tourne les yeux vers la foule, comme en une muette invitation. Jésus s’avance et demande à tenir la réunion aujourd’hui.

       Je l’entends lire de sa belle voix le passage d’Isaïe cité par l’Evangile : « L’esprit du Seigneur est sur moi. » Et j’entends le commentaire qu’il en fait en se présentant comme « celui qui apporte la Bonne Nouvelle, la loi d’amour qui remplace l’ancienne rigueur par la miséricorde, afin qu’obtiennent le salut tous ceux dont la faute d’Adam rend l’âme malade et, par contrecoup, la chair, car le péché engendre le vice, et le vice la maladie, même physique. Et aussi pour que tous ceux que l’Esprit du mal retient prisonniers obtiennent leur libération. Je suis venu pour rompre ces chaînes et rouvrir le chemin du Ciel, pour donner la lumière aux âmes aveuglées et l’ouïe aux âmes sourdes. Le temps de la grâce du Seigneur est venu. Elle est parmi vous, c’est elle qui vous parle. Les patriarches ont désiré voir ce jour, dont la voix du Très-Haut a proclamé l’existence et dont les prophètes ont prédit le temps. Et déjà, portée à leur connaissance par un ministère surnaturel, ils savent que l’aube de ce jour s’est levée et que leur entrée au paradis est proche désormais. Elle exulte, l’âme des saints auxquels il ne manque que ma bénédiction pour être citoyens du Ciel. Vous le voyez. Venez à la Lumière qui s’est levée. Dépouillez-vous de vos passions, afin d’avoir l’agilité nécessaire pour suivre le Christ. Ayez la bonne volonté de croire, de devenir meilleurs, de vouloir le salut, et le salut vous sera procuré. Il est entre mes mains, mais je ne le donne qu’à ceux qui font preuve de la bonne volonté de le posséder, car ce serait une offense à la grâce que de le donner à ceux qui désirent continuer à servir Mammon. »

       Un murmure s’élève dans la synagogue. Jésus tourne les yeux vers l’assistance. Il lit sur les visages et dans les cœurs et continue :

       « Je comprends votre pensée. Parce que je suis de Nazareth, vous voudriez une faveur spéciale, un privilège. Mais cela, c’est par égoïsme de votre part et non par la puissance de votre foi. Aussi, je vous dis qu’en vérité aucun prophète n’est bien reçu dans sa patrie. D’autres régions m’ont accueilli et m’accueilleront avec une plus grande foi, même certains dont le nom est pour vous un scandale. J’y trouverai une moisson de disciples, alors que je ne puis rien faire sur cette terre-ci, parce qu’elle m’est fermée et hostile. Mais je vous rappelle Elie et Elisée. Le premier trouva la foi chez une femme phénicienne et le second chez un Syrien. Ils purent donc accomplir un miracle en faveur de l’un et de l’autre. Les gens qui mouraient de faim en Israël n’eurent pas de pain et les lépreux pas de purification, parce qu’il n’y avait pas dans leurs cœurs de bonne volonté, cette perle fine que le prophète avait découverte ailleurs. C’est ce qui vous arrivera, à vous aussi qui êtes hostiles et incrédules à l’égard de la Parole de Dieu. »

       La foule s’agite, lance des imprécations, tente de mettre la main sur Jésus, mais ses apôtres et cousins Jude, Jacques et Simon le défendent. Furieux, les Nazaréens chassent alors Jésus de la ville. Ils le poursuivent avec des menaces – pas seulement verbales – jusqu’au sommet de la colline. Alors Jésus se retourne, les immobilise de son regard magnétique, passe indemne au milieu d’eux et disparaît en gravissant un sentier de la colline (…)