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5 décembre 2021 - Saint Gérald
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L'évangile du jour
« Tout être vivant verra le salut de Dieu » (Lc 3, 1-6)

L’an quinze du règne de l’empereur Tibère, Ponce Pilate étant gouverneur de la Judée, Hérode étant alors au pouvoir en Galilée, son frère Philippe dans le pays d’Iturée et de Traconitide, Lysanias en Abilène, les grands prêtres étant Hanne et Caïphe, la parole de Dieu fut adressée dans le désert à Jean, le fils de Zacharie. Il parcourut toute la région du Jourdain, en proclamant un baptême de conversion pour le pardon des péchés, comme il est écrit dans le livre des oracles d’Isaïe, le prophète : Voix de celui qui crie dans le désert : Préparez le chemin du Seigneur, rendez droits ses sentiers. Tout ravin sera comblé, toute montagne et toute colline seront abaissées ; les passages tortueux deviendront droits, les chemins rocailleux seront aplanis ; et tout être vivant verra le salut de Dieu. 


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À la manière biblique, saint Luc situe le ministère du prophète Jésus en se référant aux rois et aux princes contemporains. Mais ces données historiques, qui sont confirmées par des inscriptions et des chroniques de l'antiquité, servent surtout, ici, à préciser dans quel climat politique et spirituel vont retentir le message de Jean puis celui de Jésus.

Nous sommes en 27 ou 28 de notre ère. Depuis plus de vingt ans la Judée n'est plus qu'une province de l'empire romain. Tibère, l'empereur, est loin, mais le préfet Ponce Pilate administre le pays d'une main de fer. Quant au grand prêtre, Caïphe, qui est en place depuis dix ans déjà, c'est à sa diplomatie et à son astuce qu'il doit d'avoir gardé sa position, plus politique que religieuse.

En Galilée comme à Jérusalem, les flambées de nationalisme sont sévèrement réprimées, et les fils d'Israël, pressurés, humiliés par l'occupant, et sans avenir politique, ne peuvent mettre leur espérance qu'en Dieu. Une sorte de soif spirituelle grandit dans certains groupes de croyants. On entend même parler, à l'époque de Jean-Baptiste, de communautés presque monastiques, regroupant des hommes, des femmes et des jeunes, qui se sont créées çà et là non loin de la Mer Morte, et qui gardent les traditions ascétiques des Esséniens.

C'est alors, nous dit l'Évangile, que "la parole de Dieu fut sur Jean, fils de Zacharie", dans le désert où l'Esprit Saint l'avait poussé.

Jean quitte sa longue retraite dans le désert et se met à prêcher dans la région du Jourdain nouvellement peuplée ; et les foules viennent à lui pour se faire baptiser. Le rite du baptême n'était pas, à l'époque, une nouveauté absolue. Divers mouvements religieux le pratiquaient : par exemple, dans la communauté de Qumran, sur les bords de la Mer Morte, des bains quotidiens, réservés aux membres profès, exprimaient leur idéal de pureté morale dans l'attente d'une purification radicale à venir.

Mais par plusieurs traits le baptême proposé par Jean tranchait sur les usages courants. Tout d'abord il était offert à tous, et pas seulement aux membres les plus méritants d'une secte, et il n'était reçu qu'une fois, comme ultime préparation au baptême (plongée) dans l'Esprit Saint que seul le Messie pouvait apporter. Par ailleurs le baptême du Jourdain était donné par le jeune prophète lui-même, au nom de Dieu qui l'avait envoyé. Et surtout, à ses yeux, la conversion était le présupposé indispensable : les disciples ne devaient pas se contenter de proclamer leur idéal par des ablutions rituelles ; il leur fallait se détourner de leur vie pécheresse, s'orienter résolument vers Dieu pour accomplir sa volonté, et se préparer au pardon des péchés qui ne manquerait pas de venir dès que le Règne de Dieu ferait irruption dans le monde.

La force de conviction de Jean était telle qu'elle évoquait irrésistiblement une autre grande voix prophétique entendue cinq siècles auparavant, vers la fin de l'exil à Babylone, et qui criait, de la part de Dieu, un message d'espérance et de conversion : "Frayez dans le désert la route du Seigneur. Tracez droit dans la steppe une chaussée pour notre Dieu !" (Is 40,3).

Mais cette route dont parle le prophète, cette route qu'il faut niveler, remblayer, aplanir, où mène-t-elle ? Vers les exilés ?  Non pas ; mais vers Jérusalem et la terre des ancêtres. Ce n'est pas une route que les pauvres déblayent pour que Dieu vienne à eux. C'est une chaussée que Dieu lui-même va emprunter avec ses pauvres. Dieu avec eux va traverser le désert ; Dieu avec eux va rentrer au pays, et sa gloire se révèlera. En frayant dans le désert la route de Dieu, les pauvres d'Israël trouveront la route de leur propre liberté.

Et c'est bien cela que Jean le Baptiste annonce à son tour. Il ne dit pas : "Convertissez-vous afin de décider le Messie à venir" ; il proclame : "Convertissez-vous car Il vient. C'est sûr, c'est imminent, et il faut se mettre en route avec lui.

C'est bien aussi le sens de cet Avent que nous vivons avec toute l'Eglise.

Nous préparons Noël, nous nous préparons à fêter le Fils de Dieu qui est venu et qui vient sans cesse parmi nous ; car "le Seigneur vient", et il ne cesse de venir. Mais accueillir Jésus, le Messie de Dieu, l'accueillir comme sauveur, c'est accepter de partir avec lui, c'est prendre avec lui le chemin du retour, car s'il vient parmi nous, c'est pour nous conduire au pays de la gloire, c'est-à-dire à l'amour du Père qui est le but du monde et de l'histoire des hommes.

Une chose est sûre, qui déjà peut nous combler de joie, c'est que le Seigneur est là, déjà là, toujours là, dans le désert de la vie où nous essayons tant bien que mal de tracer une route pas trop indigne de Lui qui nous habite. Et l'Eucharistie chaque jour vient nous  le rappeler, elle qui est le pain de la route : pour recevoir la force et la lumière il suffit d'ouvrir les mains et les yeux, car le Seigneur vient, et il marche avec nous.


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Dans les visions de Maria Valtorta
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Date
24 janvier 27
Lieu
Gué du Jourdain
Livre
Tome 1 - ch 45.6
1ère année vie publique

Enseignement de Jésus :

       « Jean n’avait pas besoin de signe pour lui-même. Son âme, sanctifiée dès le sein de sa mère, possédait cette vue de l’intelligence surnaturelle qui aurait été le lot de tous les hommes sans la faute d’Adam.

        Si l’homme était resté en état de grâce, dans l’innocence et la fidélité à son Créateur, il aurait reconnu Dieu à travers les apparences extérieures. Il est dit dans la Genèse que le Seigneur Dieu parlait familièrement avec l’homme innocent et que l’homme, loin de s’évanouir au son de cette voix, la discernait sans se tromper. Tel était le destin de l’homme : voir et comprendre Dieu, comme un fils à l’égard de son père. Puis la faute est venue et l’homme n’a plus osé regarder Dieu, il n’a plus su découvrir et comprendre Dieu. Et il le sait de moins en moins.

        Mais Jean, mon cousin Jean, avait été purifié de la faute quand la Pleine de Grâce s’était penchée avec amour pour embrasser celle qui, de stérile, était devenue féconde, Elisabeth. Le bébé avait tressailli de joie dans son sein en sentant les écailles de la faute tomber de son âme comme une croûte tombe d’une plaie au moment de la guérison. L’Esprit Saint, qui avait fait de Marie la Mère du Sauveur, commença son œuvre de salut à travers Marie, Ciboire vivant du Salut incarné pour cet enfant qui allait naître et était destiné à m’être uni, moins par le sang que par la mission qui fit de nous comme les lèvres qui forment la parole. Jean était les lèvres et moi la Parole. Il était le Précurseur dans l’Evangile et par sa destinée de martyr. Moi, celui qui transmet ma divine perfection à l’Evangile inauguré par Jean et son martyre pour la défense de la Loi de Dieu.

        Jean n’avait besoin d’aucun signe, mais pour l’épaisseur de l’esprit des autres, un signe était nécessaire. Sur quoi Jean aurait-il fondé son affirmation sinon sur une preuve irrécusable que les yeux des hommes lents à voir et les oreilles paresseuses auraient perçue ?

        De même, je n’avais pas besoin de baptême. Mais la sagesse du Seigneur avait jugé que ce devait être l’instant et la façon de nous rencontrer. En faisant sortir Jean de sa grotte dans le désert et moi de ma maison, il nous a unis à ce moment précis pour ouvrir sur moi le Ciel et descendre lui-même, en Colombe divine, sur celui qui aurait à baptiser les hommes avec cette Colombe ; il voulut aussi faire descendre du Ciel cette annonce encore plus puissante que l’annonciation de l’ange, puisqu’elle provenait de mon Père : “ Voici mon Fils bien-aimé, en qui je mets ma complaisance. ” Cela pour que les hommes n’aient pas d’excuse ou de doute pour savoir s’ils devaient me suivre ou non.

        Les manifestations du Christ ont été nombreuses. La pre­mière après la Nativité fut celle des mages, la seconde au Temple, la troisième sur les rives du Jourdain. Puis vinrent les autres manifestations innombrables que je te ferai connaître, car mes miracles sont des manifestations de ma nature divine jusqu’aux dernières, celles de ma Résurrection et de mon Ascension au Ciel.

       Ma patrie fut comblée de mes manifestations. Comme des semences jetées aux quatre points cardinaux, elles se produi­sirent dans toutes les couches sociales et en tout lieu de vie : aux bergers, aux puissants, aux savants, aux incrédules, aux pécheurs, aux prêtres, aux dominateurs, aux enfants, aux soldats, aux Hébreux, aux païens. De nos jours encore, elles se répètent mais, comme autrefois, le monde ne les accepte pas ou plutôt il n’accueille pas les miracles actuels et il oublie ceux du passé. Eh bien, je ne renonce pas. Je me répète pour vous sauver, pour vous amener à la foi en moi.

       Sais-tu, Maria, ce que tu fais ? Ce que je fais, plutôt, en te dévoilant l’Evangile ? C’est une tentative plus forte pour amener les hommes vers moi. Tu l’as désiré par des prières ardentes. Je ne me borne plus à la parole. Elle les fatigue et les éloigne. C’est un péché, mais c’est comme ça. J’ai recours à la vision, à la vision de mon Evangile et je l’explique pour la rendre plus claire et plus attrayante.

       A toi, je donne le réconfort de la vision. A tous, je donne le moyen de désirer me connaître. Et si une fois encore elle ne sert à rien, si, comme des enfants cruels, ils rejettent le don sans en comprendre la valeur, à toi, mon don restera et à eux ira mon indignation. Je pourrai, une fois encore leur faire cet ancien re­proche : “ Nous avons joué de la flûte et vous n’avez pas dansé. Nous avons entonné des lamentations et vous n’avez pas pleuré. ”

       Mais peu n’importe. Laissons les “ inconvertibles ” accumuler sur leurs têtes des charbons ardents et tournons-nous vers les brebis qui cherchent à connaître le Pasteur. Le Pasteur, c’est moi et tu es la houlette qui les conduit à moi. »