Partager sur
FR-Evangile-Illustre-2018-09-15-web.jpg
15 septembre 2026 -
Logo Évangile
L'évangile du jour
« Femme, voici ton fils » (Jn 19, 25-27)

Près de la croix de Jésus se tenaient sa mère et la sœur de sa mère, Marie, femme de Cléophas, et Marie Madeleine. Jésus, voyant sa mère, et près d’elle le disciple qu’il aimait, dit à sa mère : « Femme, voici ton fils. » Puis il dit au disciple : « Voici ta mère. » Et à partir de cette heure-là, le disciple la prit chez lui. 


Logo Maria Valtorta
Dans les visions de Maria Valtorta
crucifiement-et-mort-de-jesus.jpg
Date
5 avril 30
Lieu
Jérusalem
Livre
Tome 10 - ch 609.15
Passion et mort de Jésus

(...) Le ciel devient toujours plus sombre. Il est désormais rare que les nuages s’entrouvrent pour laisser passer le soleil. Ils s’amoncellent au contraire en couches de plus en plus épaisses, blanches, verdâtres, ils se surmontent, se démêlent selon les caprices d’un vent froid qui parcourt le ciel par intervalles, puis descend sur la terre, puis se tait de nouveau ; l’air est presque plus sinistre quand il se tait, étouffant et mort, que quand il siffle, coupant et rapide.

    La lumière, d’abord vive outre mesure, est en train de devenir blafarde. Les visages prennent des teintes bizarres. Les soldats, sous leurs casques et dans leurs cuirasses d’abord brillantes, mais dorénavant enveloppées dans une lumière glauque sous un ciel de cendre, présentent des profils durs comme s’ils étaient sculptés. Les juifs, en majorité bruns de peau, de cheveux et de barbe, ont l’air de noyés tant leurs visages deviennent terreux. Les femmes ressemblent à des statues de neige bleutée à cause de leur pâleur exsangue que la lumière accentue.

     Jésus paraît devenir sinistrement livide, comme s’il commençait à se décomposer, comme s’il était déjà mort. Sa tête commence à retomber sur la poitrine. Les forces lui manquent rapidement. Il tremble malgré la fièvre qui le brûle. Et dans sa faiblesse, il murmure le nom qu’il ne prononçait jusqu’ici qu’au fond de son cœur :

     « Maman ! Maman ! »

     Il le murmure doucement, comme dans un soupir, comme s’il éprouvait déjà un léger délire qui l’empêche de se retenir autant que sa volonté le voudrait. Et Marie, chaque fois, ne peut s’empêcher de lui tendre les bras comme pour le secourir.

     Les gens cruels rient de ce spasme du Mourant et de celle qui le partage. Prêtres et scribes montent de nouveau par derrière les bergers, qui cependant se tiennent sur la plateforme basse. Comme les soldats voudraient les repousser, ils réagissent :

     « Ces Galiléens n’y sont-ils pas ? C’est aussi notre place, car il nous faut vérifier que justice est faite complètement, or nous ne pouvons pas voir de loin dans cette lumière étrange. »

     En fait, beaucoup commencent à être impressionnés par la lueur qui est en train d’envelopper le monde ; certains même ont peur. Les soldats eux aussi regardent le ciel, car une sorte de cône qui semble de l’ardoise tant il est sombre, s’élève comme un pin derrière un sommet. On pourrait croire à une trombe marine. Il s’élève, s’élève et produit des nuages de plus en plus noirs, comme si c’était un volcan vomissant de la fumée et de la lave.

     C’est dans cette lumière crépusculaire et effrayante que Jésus donne Jean à Marie et Marie à Jean. Il penche la tête, car la Mère, pour mieux voir, s’est mise plus près sous la croix, et il lui dit :

     « Femme, voici ton fils. Fils, voici ta Mère. »

     Marie a le visage encore plus bouleversé après cette parole, le testament de son Jésus, qui n’a rien à donner à sa Mère sinon un homme, lui qui, par amour de l’homme, la prive de l’Homme-Dieu né d’elle. Mais elle, la pauvre Marie s’efforce de ne pleurer que silencieusement, car elle ne peut pas, elle ne peut pas s’en empêcher… Ses larmes coulent malgré les efforts qu’elle fait pour les retenir, bien que sa bouche garde un sourire déchirant qu’elle fixe sur ses lèvres pour lui, pour le réconforter lui…

     Les souffrances ne cessent d’augmenter et la lumière ne cesse de décroître. (…)


Logo approfondir
Approfondir
1391466436GIMP.jpg
Revenez aux méthodes des catacombes (3/6)

[...] Dans l’Italie et dans le monde actuel, une doctrine règne et ne cesse de s’affirmer, pire que les fausses religions païennes de l’Antiquité et que celles, encore plus fausses, d’aujourd'hui : car elle fait de l’homme un dieu, en abolissant tout respect de la Divinité, qui a pourtant été entendue de façon informe mais entendue et vénérée par les païens et les idolâtres de tout temps et de tout lieu. Pour rechristianiser le monde, il faut mener cette vie-là, la vraie vie chrétienne, telle qu’elle était menée dans les premiers temps de l’ère chrétienne, d’après ce qu’on peut lire dans les Actes des Apôtres (Ac 2, 42.45-47 ; 4, 32 ; 6, 2-4.7.). Les épîtres aussi en rendent compte, elles qui montrent clairement l’assistance apportée par les chrétiens aux apôtres et aux disciples évangélisateurs, et la vie du clergé au milieu du peuple (2 Co 11, 27 : 1 P 4, 7-9 et 5, 2-3 ; Jd 20-23), pour ne citer que quelques passages. Et lisez encore les actes des martyrs et des saints…

La milice de l’Eglise, le clergé, devrait être pleinement saint, c'est-à-dire héroïque, désintéressé, humble, mortifié, pur, tout entier patience et amour, pour empêcher le discours insidieux des ennemis de l’Eglise d’être confirmé par votre manière de vivre, et pour ne pas donner l’occasion aux plus petits du troupeau d’être scandalisés et de se séparer du saint Bercail pour suivre des pasteurs infernaux. Intégrez donc les hommes les plus saints, les plus volontaires, les plus héroïques, prêts à toutes les renonciations, à tous les sacrifices, et jusqu’au martyre. Dispersez-les sur cette terre d’Italie, aussi incognito que le sont les éléments vitaux de l’air, que l’œil ne voit pas mais qui sont utiles à la terre, aux plantes, aux animaux et à l’homme. Il leur reviendra de bonifier cette terre, pour la coloniser ensuite, et enfin pour y semer la vérité et la justice à pleines mains.

Pourquoi chercher de lointaines terres de mission, si la vôtre en est une ? Il est écrit : “Nul n’est prophète en son pays” (Mt 13, 57.). En vérité, je vous dis que vous l’êtes moins que n’importe qui. Vous êtes des pasteurs borgnes, car vous ne voyez pas ce qui vous entoure, ni le moyen de circonscrire le mal.

Seuls les idolâtres, les païens, et même les chrétiens non catholiques vous paraissent meurtris par la grande blessure, et vous courez à leur suite dans le but de les guérir et de les rendre “vivants” en les greffant au Corps mystique. Mais ici, dans votre patrie, il n’y a pas seulement des membres coupés, des païens, des idolâtres. Il y a des sans Dieu, les antéchrists, les satans. Ne voyez-vous pas que si leur nombre augmentait encore, ils frapperaient durement l’Eglise, la papauté, ils sépareraient les nerfs moteurs du grand Corps mystique en abattant les hiérarchies, pour désorganiser, susciter la peur et le désordre ? Cela provoquerait une longue et dangereuse paralysie, qui atteindrait tous les membres vivants dans le Corps mystique, ou qui attendent de lui la vie.

Quel retard apporté à la rédemption des païens ! Et que de pertes parmi les membres vivants si cela se produisait ! Moi, je vois…

J’ai dit : bonifier, coloniser, semer. Celui qui bonifie ne reste pas tranquillement à l’endroit où la terre est déjà prête à être ensemencée : il va là où les pierres, les plantes ou les eaux ont rendu la terre stérile, enchevêtrée, malsaine. Et il canalise, il rase, il brûle, il purifie. Après cela, il colonise, en d’autres termes il permet la vie civile là où il n’y avait qu’une zone sauvage. En dernier lieu il sème, plante, élève, rend la contrée fertile, belle, saine, alors qu’elle était auparavant aride et dangereuse. C’est ainsi que le désert se change en une région habitée et civilisée.

En vérité, une grande partie de la population est comparable à une zone sauvage. Mauvaise, mais pas toujours par une tendance de l’esprit. Haineuse, mais pas toujours par une tendance de l’esprit. Ennemie, mais pas toujours par une tendance de l’esprit. La plupart du temps, elle l’est par ignorance. Elle est mauvaise parce qu’elle ne connaît pas la vérité. Elle est haineuse parce qu’elle ne connaît pas la charité. Elle est ennemie parce qu’elle ne connaît pas l’Eglise.

Quand je parle d'Église, je ne pense pas à l’image qu’en donnent ses ministres trop souvent. Bien des fois, il vaudrait mieux qu’on ne la connaisse pas. Je dis plutôt que cette partie de la population ne connaît pas l’Eglise telle que je l’ai fondée, animée par mon esprit : l’amour, la fraternité, la paternité. [...]

Les Carnets, le 25 avril 1948